Inde du 12 octobre 2004 au 18 novembre 2004

Tuesday, November 02, 2004

Varanasi (Benares) et le Gange

Vanarasi, sur les rives du Gange sacre, est l'une des villes les plus saintes d'Inde. Les pelerins hindous viennent ici pour se baigner dans les eaux du gange, rite les lavant de tous les peches. Et les vieux hindous viennent y attendre la mort, car etre incinere au bord du Gange permet l'interruption du cycle des reincarnations, et la fin de la douleur sur terre.Nous arrivons au petit matin avant le lever du soleil, apres une nieme bonne nuit de train en betaillere (bientot, nous allons meugler!). Un rickshaw accepte de nous deposer au bord du Gange. Nous ne lui indiquons pas d'hotel, connaissant la reputation detestable des chauffeurs de cette ville (pire qu'Agra parait-il!). Malgres toutes nos precautions, celui-ci nous emmene a l'hotel de son choix, plusieurs km au sud de l'endroit que nous avions indique. Comme nous refusons de cooperer, il ne nous dit pas ou nous sommes. Nous partons dans la mauvaise direction, et nous marcherons plusieurs km au bord de l'eau avec nos sacs enormes avant de trouver l'hotel tant desire. Mais il y a un bon cote a cette mesaventure, puisque nous decouvrons directement Varanasi sous son visage le plus enchanteur...Nous arrivons en effet au moment ou un soleil rouge sang se leve dans les brumes sur le gange. Une foule d'indiens sont deja la depuis un bon moment, pour mediter, ou faire leurs ablutions. Les marches des ghats qui se succedent sont envahies d'enfants et adultes sautant dans une eau a l'aspect douteux. Selon leur religion, il serait meme bon pour la sante de boire un peu de l'eau sacree du gange chaque matin!!! Nous avons lu les guides, et savons que l'eau est extremement polluee, malgres les efforts de gouvernement indien des dernieres annees.Le fait de jeter dans l'eau les cendres de defuns n'arrange pas les choses. D'autant qu'a cause de la penurie de bois, le combustible coute tres cher aux familles des defuns, et beaucoup de corps sont immerges dans le gange alors qu'ils n'ont pas fini de bien se consumer (oui, pardon, on sait, c'est un peu morbide...). Les nombreux buchers qui brulent silencieusement au bord du fleuve dans la lumiere du matin constituent un spectacle qui nous marque profondement. Un spectacle beaucoup plus comique a aussi lieu au lever du soleil au bord du Gange: Il s'agit des bateaux a rame pleins de touristes armes de leur appareil photo qui longent la rive... et des bateaux pleins de souvenirs kitch qui les poursuivent! Les indiens sont quand meme vraiment tolerants envers ces etrangers qui viennent les photographier dans leur "salle de bain" en plein air! Par contre, pres des lieux de cremation, les hindous sont vigilants et controlent les touristes de beaucoup plus pres, ce qui est tout a fait normal! On est pas au zoo!Nous trouvons un hotel charmant avec une terrasse tranquille qui donne sur le Gange, loin du bruit incessant de cette ville gigantesque qu'est la Varanasi moderne. Dans la vieille ville, des ruelles tortueuses se succedent et il est impossible de s'y retrouver! C'est l'explosion d'odeurs. Les vaches enormes qui prennent toute la largeur de la rue laissent des bouses difficiles a contourner. Des chiens a l'aspect pitoyable se grattent desesperement et effraient les passant par leurs aboyements. Plein d'enfants partout, tellement sales que cela en fait mal au coeur, des egouts et decharges a ciel ouvert dans ces rues minuscules... En meme temps, cette ville est pleine de charmes et nous passons de surprise en surprise en parcourant les rues de Beranes. il y a beaucoup d'artisans en tous genres, et par exemple, nous decouvrons avec stupeur que tous les saris et tissus sont tisses... a la main! Quelle que soit la qualite, et la matiere! Beaucoup d'enfants travaillent sous nos yeux dans toutes les cours de la ville, un spectacle qui encore une fois nous choque enormement.Le soir, une ceremonie en plein air est donnee en l’honneur de la pleine lune et de la divinite du Gange: Dans l’obscurite et face au fleuve, trois danseurs-religieux effectuent une danse synchronisee, utilisant des objets de culte hindou tels que des chandeliers, des conques, des torches… Une musique religieuse accompagne leurs lents mouvements, chants graves de brahmans, et tabla (percussions). Un jeune homme nous aborde et nous explique plusieurs details de religion, et de file en aiguille, il devient notre guide dans Beranes. Avec lui, nous parcourons la ville, de nombreux temples, nous allons voir un concert de musique classique… Biensur, tout ceci n’est pas gratuit, et il tente a chaque instant de nous vendre ceci ou cela, afin d’obtenir un precieux backshish (ce qui parfois devient prodigieusement enervant!), mais au bout du compte, nous sommes ravis de decouvrir avec lui sa ville natale. Nous rencontrons meme une bonne partie de sa famille, et notamment son cousin marie a une… canadienne. Celle-ci est installee a Varanasi, et nous discutons longuement avec elle autour d’un delicieux the masala au lait. Il est interessant de parler avec une “occidentale” qui vit au milieu des indiens. Et sincerement, nous n’aurions pas pu venir vivre ici comme elle, dans de telles conditions! Visiblement, les indiens ont une relation a l’argent tres differente de la notre. Tout se monnaye, et SURTOUT entre amis! Donc en tant qu’ami, on te fera payer systematiquement 5 fois plus, au nom de l’amitie. Mais vu que tout le monde agit de la sorte, chacun s’y retrouve a la fin! Le sentiment que “rien n’est gratuit” est donc une realite valable aussi entre les indiens. Peut-etre vous direz-vous: “c’est normal que les indiens courent ainsi apres les backshish, ils sont tres pauvres”. En fait, nous avons deja traverse d’autres pays ou les populations aussi etaient tres pauvres (tibet, nepal…) mais nous n’avons jamais observe le meme phenomene. Apres ces 5 jours merveilleux (et epuisants) dans la ville religieuse, nous prenons un train de nuit pour Kolkata (Calcutta). Et la: Patatra! Nous l’avons fait dans chaque pays ou presque, passer une nuit cauchemardesque dans des transports en commun (en chine, 23h en assis dur, etc…). Nous montons tout guillerets dans le train avec nos billets de couchette, et realisons que nous etions sur la liste d’attente: Pas de lit, encore 13h de train! Pas de siege non plus d’ailleurs, et le train est un des plus degueux que nous ayons vu en Inde. Bonde de surcroit. Nous commencons par parcourir trois fois les wagons surpeuples d’un bout a l’autre du train, a la recherche d’un “controleur”. Il faut dire que ceux-ci sont difficiles a reperer, puiqu’ils sont tout aussi mal fagotes que les autres. Quand nous trouvons enfin un controleur a la mine louche, il nous regarde de ses yeux globuleux, et, calculateur, nous propose de payer un extra de 2000 Rps pour avoir l’autorisation de nous assoir par terre dans un wagon air-conditionne (enfin dans la pisse quand meme). Heureusement, un militaire arrive a notre secours. Il est charge de la protection des etrangers, et il va sermoner l’affreux controleur et obtient pour nous un petit lit en bois, dans un coin calme, sans backshish honteux. Non mais!

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