Kolkata (Calcutta)
Apres une nuit douloureuse, malgres notre lit en bois entre deux wagons, nous arrivons de bon heure dans la “ville de mere Theresa”. Surprise: Nous qui nous attendions a “enchainer dans le glauque”, nous descendons dans une gare qui n’aurait rien a envier a la gare de l’est a Paris! Nos premiers pas dans la ville confirme cette impression de modernite. Un ferry nous permet de traverser le Hooghly (riviere au milieu de Calcutta), et nous marchons jusqu’a notre auberge. Nous traversons en fait des quartiers dessines entierement par les anglais, vastes pelouses et magnifiques constructions. Les agents de la circulation (avec un drole de casque bombe a l’anglaise, des bretelles en cuir, et des bottes cirees) et les nombreux taxis jaune citron (forme style “vieille voiture de collection”) creent une ambiance tres coloniale: On se demande meme si tous ces indiens et ces femmes en sari sont a leur place dans ce decors londonnien!
Notre premiere visite sera pour le Victoria Memorial: Un immense batiment de marbre blanc a coupole construit en hommage au l’empire britannique. Au milieu des statues des rois et reines d’Angleterre, les expositions retracent les etapes de l’independance du pays. Nous visitons aussi lune cathedrale contenant des vitraux realises par le peintre preraphaelite Burne-Jones, un regal. Nous nous baladons dans un cimetiere de l’epoque coloniale. En ce temps, les intrepides et avides fondateurs de la ville et leurs successeurs mourraient dans la fleur de l’age de maladies tropicales encore inconnues.
Une histoire amusante a vous racconter: Nous faisons des notre arrivee a Calcutta une demande de visas pour la Birmanie (Myanmar). Il y a dans ce pays depuis 1962 une dictature militaire severe, et les journalistes ne sont pas les bienvenus. Et donc pour la premiere fois de notre vie, nous avons droit a un interrogatoire en bon et du forme, pour une simple demande de visas! L’employe du consulat decortique nos passeports, ou avons nous ete, pourquoi, avons-nous aime la Chine (!), quelle est notre religion (!!) ou que fait-on tres tres precisement dans la vie. Et bien, ca ne va pas etre commode la-bas! Juste un dernier detail: Au Myanmar, on ne peut pas acceder a internet! Donc ne vous inquietez pas si vous n’avez pas de nouvelles pendant 3 semaines environ!
Nous partons le lendemain matin tres tot a la messe donnee dans la maison mere des soeurs missionnaires de la charite de mere Theresa. Notre auberge (armee du salut) est une guesthouse ou logent plein de volontaires benevoles. Nous les accompagnons donc de bon matin. Apres avoir discute avec les autres benevoles, nous decouvrons qu’il n’est pas necessaire de s’engager pour tres longtemps, et qu’on peut rendre service meme en ne restant que quelques jours. Nous decidons donc de changer completement nos plans: Plutot que de partir pour trois jours dans une reserve de tignes, nous decidons de rester 1 semaine entiere a Calcutta, pour faire du benevolat. Aussitot dit, aussitot fait, nous voila partis a la suite d’une joyeuse bande d’espagnols, qui aident dans un centre situe a une heure de la maison mere, dans un quartier tres pauvre de Calcutta, de l’autre cote de la riviere. Il s’agit d’un centre qui s’occupe d’enfants et adolescents lourdement handicapes mentalement et physiquement. Le role des benevoles consiste a aide les freres qui habitent la, en jouant avec les enfants, en les stimulant, en les faisant manger, en les lavant… Nous devons vous avouer que nous restons un peu interdits a notre arrivee au centre: Nous ne sommes en effet pas dutout habitues a nous occuper d’enfants aillant ce genre de problemes. Pourtant, nous trouvons rapidement les gestes les plus simples: Il suffit de s’occuper de ces jeunes, comme si c’etait de tres jeunes enfants, malgres leur age d’ado. Comme nous avons tous les deux eu des petits freres et soeurs, nous trouvons vite le rythme. Nous decidons de rester ici toute la semaine qui vient, car cela ne sert a rien d’aller d’un centre a l’autre et pour vraiment aider, mieux vaut se poser quelque part. C’est aussi mieux pour les enfants qui reconnaissent les benevoles qui passent du temps avec eux.
A la fin de la journee, nous sommes litteralement epuises. Mais il parrait que c’est toujours l’effet que ca fait le premier jour. Nous allons a une sceance d’information au cours de laquelle nous apprenons quels centres existent, et quels roles ils ont. Mere Theresa a vraiment fait quelque chose de grand, ici.
La vision de Calcutta que nous avions eu a notre arrivee (ville moderne, assez riche…) disparait progressivement, a mesure que nous parcourons les rues. Il regne en fait ici une pauvrete extreme. Partout des enfants dorment par terre, ils sont laisses dans un etat epouvantable, et les adultes des rues ressemblent a de grands enfants abandonnes. Nous sommes choques par tant de pauvrete.
Tous nos plans vont a nouveau etre bouscules, car Amaury attrape quelquechose, et a de la fievre. Nous restons d’abord un jour au calme a l’hotel, esperant que le repos va le remettre d’aplomb. Finalement, voyant que la fievre ne passe pas, nous appellons un medecin, qui decide d’installer Amaury a l’hopital, le temps de faire les examens necessaires et de determiner quelle est l’origine de cette fievre. Je (Clementine) m’installe avec lui, et nous passons deux nuits dans un premier hopital, puis nous faisons transferer dans un second hopital plus moderne. A l’heure actuelle, Amaury est toujours dans sa chambre d’hopital, sa fievre est tombee, il semble aller mieux, mais on ne sait toujours pas ce qu’il a! Je lui laisse le soin de vous decrire dans un prochain mail nos aventures dans les hopitaux de Calcutta, il y a beaucoup a racconter! En tous cas, ne vous faites pas de soucis, Amaury est en de tres bonnes mains, en relation avec des medecins suisses aussi, et il se remet gentillement. Nous reportons notre depart pour le Myanmar jusqu’a nouvel ordre!
