Inde du 12 octobre 2004 au 18 novembre 2004

Thursday, November 04, 2004

Kolkata (Calcutta)

Apres une nuit douloureuse, malgres notre lit en bois entre deux wagons, nous arrivons de bon heure dans la “ville de mere Theresa”. Surprise: Nous qui nous attendions a “enchainer dans le glauque”, nous descendons dans une gare qui n’aurait rien a envier a la gare de l’est a Paris! Nos premiers pas dans la ville confirme cette impression de modernite. Un ferry nous permet de traverser le Hooghly (riviere au milieu de Calcutta), et nous marchons jusqu’a notre auberge. Nous traversons en fait des quartiers dessines entierement par les anglais, vastes pelouses et magnifiques constructions. Les agents de la circulation (avec un drole de casque bombe a l’anglaise, des bretelles en cuir, et des bottes cirees) et les nombreux taxis jaune citron (forme style “vieille voiture de collection”) creent une ambiance tres coloniale: On se demande meme si tous ces indiens et ces femmes en sari sont a leur place dans ce decors londonnien!

Notre premiere visite sera pour le Victoria Memorial: Un immense batiment de marbre blanc a coupole construit en hommage au l’empire britannique. Au milieu des statues des rois et reines d’Angleterre, les expositions retracent les etapes de l’independance du pays. Nous visitons aussi lune cathedrale contenant des vitraux realises par le peintre preraphaelite Burne-Jones, un regal. Nous nous baladons dans un cimetiere de l’epoque coloniale. En ce temps, les intrepides et avides fondateurs de la ville et leurs successeurs mourraient dans la fleur de l’age de maladies tropicales encore inconnues.

Une histoire amusante a vous racconter: Nous faisons des notre arrivee a Calcutta une demande de visas pour la Birmanie (Myanmar). Il y a dans ce pays depuis 1962 une dictature militaire severe, et les journalistes ne sont pas les bienvenus. Et donc pour la premiere fois de notre vie, nous avons droit a un interrogatoire en bon et du forme, pour une simple demande de visas! L’employe du consulat decortique nos passeports, ou avons nous ete, pourquoi, avons-nous aime la Chine (!), quelle est notre religion (!!) ou que fait-on tres tres precisement dans la vie. Et bien, ca ne va pas etre commode la-bas! Juste un dernier detail: Au Myanmar, on ne peut pas acceder a internet! Donc ne vous inquietez pas si vous n’avez pas de nouvelles pendant 3 semaines environ!

Nous partons le lendemain matin tres tot a la messe donnee dans la maison mere des soeurs missionnaires de la charite de mere Theresa. Notre auberge (armee du salut) est une guesthouse ou logent plein de volontaires benevoles. Nous les accompagnons donc de bon matin. Apres avoir discute avec les autres benevoles, nous decouvrons qu’il n’est pas necessaire de s’engager pour tres longtemps, et qu’on peut rendre service meme en ne restant que quelques jours. Nous decidons donc de changer completement nos plans: Plutot que de partir pour trois jours dans une reserve de tignes, nous decidons de rester 1 semaine entiere a Calcutta, pour faire du benevolat. Aussitot dit, aussitot fait, nous voila partis a la suite d’une joyeuse bande d’espagnols, qui aident dans un centre situe a une heure de la maison mere, dans un quartier tres pauvre de Calcutta, de l’autre cote de la riviere. Il s’agit d’un centre qui s’occupe d’enfants et adolescents lourdement handicapes mentalement et physiquement. Le role des benevoles consiste a aide les freres qui habitent la, en jouant avec les enfants, en les stimulant, en les faisant manger, en les lavant… Nous devons vous avouer que nous restons un peu interdits a notre arrivee au centre: Nous ne sommes en effet pas dutout habitues a nous occuper d’enfants aillant ce genre de problemes. Pourtant, nous trouvons rapidement les gestes les plus simples: Il suffit de s’occuper de ces jeunes, comme si c’etait de tres jeunes enfants, malgres leur age d’ado. Comme nous avons tous les deux eu des petits freres et soeurs, nous trouvons vite le rythme. Nous decidons de rester ici toute la semaine qui vient, car cela ne sert a rien d’aller d’un centre a l’autre et pour vraiment aider, mieux vaut se poser quelque part. C’est aussi mieux pour les enfants qui reconnaissent les benevoles qui passent du temps avec eux.

A la fin de la journee, nous sommes litteralement epuises. Mais il parrait que c’est toujours l’effet que ca fait le premier jour. Nous allons a une sceance d’information au cours de laquelle nous apprenons quels centres existent, et quels roles ils ont. Mere Theresa a vraiment fait quelque chose de grand, ici.

La vision de Calcutta que nous avions eu a notre arrivee (ville moderne, assez riche…) disparait progressivement, a mesure que nous parcourons les rues. Il regne en fait ici une pauvrete extreme. Partout des enfants dorment par terre, ils sont laisses dans un etat epouvantable, et les adultes des rues ressemblent a de grands enfants abandonnes. Nous sommes choques par tant de pauvrete.

Tous nos plans vont a nouveau etre bouscules, car Amaury attrape quelquechose, et a de la fievre. Nous restons d’abord un jour au calme a l’hotel, esperant que le repos va le remettre d’aplomb. Finalement, voyant que la fievre ne passe pas, nous appellons un medecin, qui decide d’installer Amaury a l’hopital, le temps de faire les examens necessaires et de determiner quelle est l’origine de cette fievre. Je (Clementine) m’installe avec lui, et nous passons deux nuits dans un premier hopital, puis nous faisons transferer dans un second hopital plus moderne. A l’heure actuelle, Amaury est toujours dans sa chambre d’hopital, sa fievre est tombee, il semble aller mieux, mais on ne sait toujours pas ce qu’il a! Je lui laisse le soin de vous decrire dans un prochain mail nos aventures dans les hopitaux de Calcutta, il y a beaucoup a racconter! En tous cas, ne vous faites pas de soucis, Amaury est en de tres bonnes mains, en relation avec des medecins suisses aussi, et il se remet gentillement. Nous reportons notre depart pour le Myanmar jusqu’a nouvel ordre!

Tuesday, November 02, 2004

Varanasi (Benares) et le Gange

Vanarasi, sur les rives du Gange sacre, est l'une des villes les plus saintes d'Inde. Les pelerins hindous viennent ici pour se baigner dans les eaux du gange, rite les lavant de tous les peches. Et les vieux hindous viennent y attendre la mort, car etre incinere au bord du Gange permet l'interruption du cycle des reincarnations, et la fin de la douleur sur terre.Nous arrivons au petit matin avant le lever du soleil, apres une nieme bonne nuit de train en betaillere (bientot, nous allons meugler!). Un rickshaw accepte de nous deposer au bord du Gange. Nous ne lui indiquons pas d'hotel, connaissant la reputation detestable des chauffeurs de cette ville (pire qu'Agra parait-il!). Malgres toutes nos precautions, celui-ci nous emmene a l'hotel de son choix, plusieurs km au sud de l'endroit que nous avions indique. Comme nous refusons de cooperer, il ne nous dit pas ou nous sommes. Nous partons dans la mauvaise direction, et nous marcherons plusieurs km au bord de l'eau avec nos sacs enormes avant de trouver l'hotel tant desire. Mais il y a un bon cote a cette mesaventure, puisque nous decouvrons directement Varanasi sous son visage le plus enchanteur...Nous arrivons en effet au moment ou un soleil rouge sang se leve dans les brumes sur le gange. Une foule d'indiens sont deja la depuis un bon moment, pour mediter, ou faire leurs ablutions. Les marches des ghats qui se succedent sont envahies d'enfants et adultes sautant dans une eau a l'aspect douteux. Selon leur religion, il serait meme bon pour la sante de boire un peu de l'eau sacree du gange chaque matin!!! Nous avons lu les guides, et savons que l'eau est extremement polluee, malgres les efforts de gouvernement indien des dernieres annees.Le fait de jeter dans l'eau les cendres de defuns n'arrange pas les choses. D'autant qu'a cause de la penurie de bois, le combustible coute tres cher aux familles des defuns, et beaucoup de corps sont immerges dans le gange alors qu'ils n'ont pas fini de bien se consumer (oui, pardon, on sait, c'est un peu morbide...). Les nombreux buchers qui brulent silencieusement au bord du fleuve dans la lumiere du matin constituent un spectacle qui nous marque profondement. Un spectacle beaucoup plus comique a aussi lieu au lever du soleil au bord du Gange: Il s'agit des bateaux a rame pleins de touristes armes de leur appareil photo qui longent la rive... et des bateaux pleins de souvenirs kitch qui les poursuivent! Les indiens sont quand meme vraiment tolerants envers ces etrangers qui viennent les photographier dans leur "salle de bain" en plein air! Par contre, pres des lieux de cremation, les hindous sont vigilants et controlent les touristes de beaucoup plus pres, ce qui est tout a fait normal! On est pas au zoo!Nous trouvons un hotel charmant avec une terrasse tranquille qui donne sur le Gange, loin du bruit incessant de cette ville gigantesque qu'est la Varanasi moderne. Dans la vieille ville, des ruelles tortueuses se succedent et il est impossible de s'y retrouver! C'est l'explosion d'odeurs. Les vaches enormes qui prennent toute la largeur de la rue laissent des bouses difficiles a contourner. Des chiens a l'aspect pitoyable se grattent desesperement et effraient les passant par leurs aboyements. Plein d'enfants partout, tellement sales que cela en fait mal au coeur, des egouts et decharges a ciel ouvert dans ces rues minuscules... En meme temps, cette ville est pleine de charmes et nous passons de surprise en surprise en parcourant les rues de Beranes. il y a beaucoup d'artisans en tous genres, et par exemple, nous decouvrons avec stupeur que tous les saris et tissus sont tisses... a la main! Quelle que soit la qualite, et la matiere! Beaucoup d'enfants travaillent sous nos yeux dans toutes les cours de la ville, un spectacle qui encore une fois nous choque enormement.Le soir, une ceremonie en plein air est donnee en l’honneur de la pleine lune et de la divinite du Gange: Dans l’obscurite et face au fleuve, trois danseurs-religieux effectuent une danse synchronisee, utilisant des objets de culte hindou tels que des chandeliers, des conques, des torches… Une musique religieuse accompagne leurs lents mouvements, chants graves de brahmans, et tabla (percussions). Un jeune homme nous aborde et nous explique plusieurs details de religion, et de file en aiguille, il devient notre guide dans Beranes. Avec lui, nous parcourons la ville, de nombreux temples, nous allons voir un concert de musique classique… Biensur, tout ceci n’est pas gratuit, et il tente a chaque instant de nous vendre ceci ou cela, afin d’obtenir un precieux backshish (ce qui parfois devient prodigieusement enervant!), mais au bout du compte, nous sommes ravis de decouvrir avec lui sa ville natale. Nous rencontrons meme une bonne partie de sa famille, et notamment son cousin marie a une… canadienne. Celle-ci est installee a Varanasi, et nous discutons longuement avec elle autour d’un delicieux the masala au lait. Il est interessant de parler avec une “occidentale” qui vit au milieu des indiens. Et sincerement, nous n’aurions pas pu venir vivre ici comme elle, dans de telles conditions! Visiblement, les indiens ont une relation a l’argent tres differente de la notre. Tout se monnaye, et SURTOUT entre amis! Donc en tant qu’ami, on te fera payer systematiquement 5 fois plus, au nom de l’amitie. Mais vu que tout le monde agit de la sorte, chacun s’y retrouve a la fin! Le sentiment que “rien n’est gratuit” est donc une realite valable aussi entre les indiens. Peut-etre vous direz-vous: “c’est normal que les indiens courent ainsi apres les backshish, ils sont tres pauvres”. En fait, nous avons deja traverse d’autres pays ou les populations aussi etaient tres pauvres (tibet, nepal…) mais nous n’avons jamais observe le meme phenomene. Apres ces 5 jours merveilleux (et epuisants) dans la ville religieuse, nous prenons un train de nuit pour Kolkata (Calcutta). Et la: Patatra! Nous l’avons fait dans chaque pays ou presque, passer une nuit cauchemardesque dans des transports en commun (en chine, 23h en assis dur, etc…). Nous montons tout guillerets dans le train avec nos billets de couchette, et realisons que nous etions sur la liste d’attente: Pas de lit, encore 13h de train! Pas de siege non plus d’ailleurs, et le train est un des plus degueux que nous ayons vu en Inde. Bonde de surcroit. Nous commencons par parcourir trois fois les wagons surpeuples d’un bout a l’autre du train, a la recherche d’un “controleur”. Il faut dire que ceux-ci sont difficiles a reperer, puiqu’ils sont tout aussi mal fagotes que les autres. Quand nous trouvons enfin un controleur a la mine louche, il nous regarde de ses yeux globuleux, et, calculateur, nous propose de payer un extra de 2000 Rps pour avoir l’autorisation de nous assoir par terre dans un wagon air-conditionne (enfin dans la pisse quand meme). Heureusement, un militaire arrive a notre secours. Il est charge de la protection des etrangers, et il va sermoner l’affreux controleur et obtient pour nous un petit lit en bois, dans un coin calme, sans backshish honteux. Non mais!

Monday, November 01, 2004

Jabalpur

Une rencontre hors du commun marque notre sejour a Jabalpur: Nous sommes recus dans une famille indienne! Alors que nous tentons d'acheter un billet de train a un guichetier hargneux, un gentil indien nous vient en aide. Nous decouvrons qu'il travaille comme ingenieur du son dans un studio d'enregistrement pour des chanteurs de play-back de films tournes a Bombay (les fameux gros succes de Bolywood). Et Amaury se jette a l'eau, et demande si nous pouvons visite le studio: Bingo! Le bonhomme accepte! Et la, nous decouvrons qu'il s'agit d'un studio d'enregistrement prive, appartenant a une des grandes voix du cinema indien, une femme inspiree, maternelle, exentrique et un peu etrange. Elle nous recoit chez elle au milieu de toute sa famille et de sa cour (cad des nombreux employes tels que les musiciens, cuisiniers, professeurs prives du fils-a-papa etc...). On nage en plein delire! Nous sommes sur une autre planete, et la chanteuse nous fait les honneurs de son studio, nous invite a sa table et nous recoit selon les regles de la legendaire hospitalite indienne. Nous en sommes meme un peu genes! Et vous allez rire, nous ne savons plus comment quitter cet endroit, et nous depetrer de cette situation! Apres un longue, longue journee, nous partons a la tombee de la nuit. Mais que d'emotions! L'ambiance etait... bizarre, tres show-biz, avec des amis DJs et Acteurs qui passent voir leur copine, la maitresse des lieux etc. C'est ni la premiere, ni la derniere fois que nous rencontrons des indiens dont nous avons du mal a nous eloigner apres. Ceux-ci sont TRES chaleureux, presque trop pour les pauvre europeens que nous sommes! Et nous etouffons parfois un peu, aillant besoin d'une intimite qu'ils ne peuvent comprendre! Ainsi, les gens sont extremement curieux et vous interrogent constamment sur tous les sujets, sans aucune notion d'intimite. On est loin de la discretion Suisse!!!Nous partons dans la campagne explorer une riviere, connue pour ses cascades et ses canyons de marbre blanc. Il n'y a que des indiens avec nous, nous remontons le courant de la riviere au rythme lent des rameurs, c'est si paisible! Au bord de l'eau, hommes et femmes se lavent, prient, nettoient leur linge et leurs enfants au milieu des buffles d'eau.

Sunday, October 31, 2004

Khajuraho

"Khajuharo: Les sculpture erotiques finement ciselees qui ornent ces temples decrivent, en une sorte de Kama-sutra taille dans la pierre, l'amour et la vie quotidienne de l'Inde d'il y a 1000 ans" - (dixit Lonely Planet 2004)

Oui! Autant dire qu'ici, nous nous sommes bien rince l'oeil! Elles sont si sensuelles, ces statues de femmes et d'hommes, avec leurs dehanchements, les seins-pamplemousses et leur positions suggestives (dans le but d'instruire les generations futures?)Cette ville contient des temples vieux de mille ans dans un excellent etat de conservation: Ceux-ci attirent des foules de visiteurs, a justifie la construction d'un aeroport, et a fait de cette ville le repere de raccoleurs a la commission! Ceux-ci nous attaquent dans le bus (encore 5h pour une distance derisoire!) 2h avant notre arrivee! Notre sejour dans cette ville est tres gai, ponctue par les fetes villageoises de Durga et les musiques religieuses qui hurlent dans les haut-parleurs. Une tradition de cette fete consiste a mettre de la poudre rouge sur le front de chacun... ce qui degenere biensur toujours et donne lieu a des bombardements de poudre indelebile sur la foule, c'est la fete! Nous quittons apres deux jour ce haut-lieu de l'erotisme, et partons pour Jabalpur. Partis tot le matin et arrives le soir a minuit dans un hotel miteux, apres un bus pourri tombe deux fois en panne et un train bonde en retard, nous nous souviendrons de ces trajets en Inde! 17h de voyage porte a porte pour faire 200 bornes!

Saturday, October 30, 2004

Orchha

Nous arrivons alors dans un petit village ou le temps semble s'etre fige. La nature environnante est digne du "livre de la Jungle". Jadis une capitale, aujourd'hui, le village d'Orchha est niche au coeur d'un superbe ensemble de palais et de temples. Ces derniers ont une forme d'epis de mais, et emergent de la foret vierge. A peine arrives en bus, nous apercevons deja au loin les tourelles de multiples palais d'anciens maharajahs. De plus, se retrouver dans une ambiance calme de petit village, loin des enormes nuees de touristes, nous fait le plus grand bien. Nous passons la journee a nous perdre dans les recoins et les pieces maintenant vides de ces monuments. Des etages du haut, nous apercevons jusqu'a l'horizon la jungle environnante. Un peu partout, au beau milieu de la foret, s'elevent des pics de domes d'autres palais. A la tombee de la nuit, nous longeons la riviere pour nous eloigner du village et visiter des cenotaphes royaux, tombes monumentales envahies par les plantes et les vautours. Par chance, nous tombons pile poil au bon moment pour assister a la fete de Durga, une deesse hindoue, celebree dans toute l'inde et aussi au nepal, indonesie... Des chars, tires sur des tracteurs et accompagnes par de nombreux villageois, transportent a la riviere des statues de la deesse assise sur un lion avec 8 bras armes. Les statues sont peintes de couleurs eclatantes, et eclairees de neons fluos et de guirlandes electriques, tout ceci dans un gout kitch du meilleur effet. Dans un elan de prieres, de chants et de benedictions, les habitants font couler ces veritables oeuvres d'art dans la riviere. Cette fete est l'occasion d'une semaine de rejouissances dans toute l'Inde et regulierement sur notre chemin, nous croisons ces chars avec la deesse posee dessus. Apres avoir passe un jour et demi dans ce havre de paix, nous reprenons le chemin pour continuer vers le Sud-Ouest.

Friday, October 29, 2004

Agra et le Taj Mahal

L'arrivee tres matinale a Agra est une chance pour nous, puisqu'elle nous permettra d'observer le lever du jour sur le Taj Mahal. Il s'agit d'un tombeau entierement en marbre blanc incruste d'ecritures coraniques et de pierres colorees, qu'un empereur Moghol entreprit de construire pour y deposer la depouille de sa deuxieme femme, morte en couche. Bien qu'utilise a outrance sur toutes les affiches publicitaires d'Inde, la visite du Taj Mahal en vaut la peine (et ses 30 euros!). [Pour Amaury c'est la deuxieme fois (veinard!), la premiere etant un voyage de classe de l'EPFL]. Resplendissant de fraicheur et de beaute avec ses incrustations de pierres semi-precieuses qui dessinent un jardin imaginaire, ce tombeau en marbre est tout simplement sublime. Nous passons toute la matinee a profiter de ce monument. Clementine peint entouree d'une dizaine d'indiens. Le soir meme, nous reprenons un train de nuit qui nous emmene a Jhansi. Durant ce trajet, nous rencontrons un indien, ingenieur en mecanique avec qui nous echangeons idees et opinions sur nos cultures respectives. Il faut dire que les moyens de transport representent d'excellentes occasions pour rencontrer les indiens. Enfin surtout les hommes, car les femmes sont systematiquement accompagnees, et si par malheur nous essayons de leur parler directement, leurs bonhommes repondent a leur place. De Jhansi, nous prenons un bus local pour plusieurs heures (pour faire quelque dizaines de km...). Assis ecrases au fond du bus et entre les sieges defonces et nos sacs a dos, nous admirons les scenes qui defilent sous nos yeux. Rien que de voir les indiens parler entre eux, c'est un spectacle. Aussi, il faut ajouter que nous sommes pour eux egalement un spectacle. Il y a toujours au moins trois gars qui restent figes devant nous a nous devisager.

Thursday, October 28, 2004

Jaipur, la ville rose

Arrivant en soiree dans cette cite chaotique et poussiereuse, nous prenons la chambre la plus rudimentaire dans un palace somptueux. Les toilettes et la douche ont beau se trouver a 50 metres et notre chambre faire tout juste la taille des deux lits avec une petite ouverture pour la lumiere, le cadre du palais, avec son immense jardin est splendide...quel bonheur de dormir dans un palace ;-) Comme nous n'avions que quelques bananes et des barres cereales du "Monoprix Paris 13eme" ecrabouillees au fond du sac, vieilles de 4 mois, nous demandons a un cyclo-pousse de nous emmener a un resto soigneusement choisi dans notre fidele lonely planet. Il acquiesce d'un hochement de tete et commence a pedaler. Plan a la main, nous savons qu'il lui faudra environ 10 minutes max sachant qu'a une vitesse de 10-12 km/h et que le vent vient du Sud-Ouest et prenant en compte sa fatigue de la journee, ce sera parfait. Mais au bout de 30 minutes, nous lui redemandons pour la 3eme fois si il sait bien ou nous allons. Bref apres avoir verifie qu'il pedalait au hasard, nous nous retrouvons a 7km de notre destination finale. Celui-la n'avait pas invente la poudre, c'est sur! Les joies du voyage... Plus tard, nous allons au cinema local voir une grosse production Bolywoodienne. Le film est comme tous les films hindis, cad un delire de love story ultra kitch, les bons et les mechants evoluant dans une sorte de comedie musicale. Nous adorons et irons regulierement profiter du cinema en Inde. Nous ne manquons evidemment pas de visiter le centre ville encore entoure de ses remparts ou quasiment toutes les maisons sont peintes d'un ton rose-orange. Ici aussi c'est un peu le 'carnage', voitures, vaches, cochons, motos, cyclo-pousse et rickshaw, tous essaient de se frayer un chemin dans les ruelles etroites remplies d'ordures. Les enfants comme d'habitude nous suivent et nous crient inlassablement 'one roupie, school-pen, one photo?', ils sont vraiment mignons ces bouts de choux... Mais nous savons que la majorite sont exploites par des mafias d'adultes sans scrupules, donc nous evitons de donner de l'argent a ces pauvres enfants, preferant leur donner un truc a se mettre sous la dent... Il est connu que les indiens mangent TRES epice. Bizarrement, et bien que goutant a chaque repas leurs "thalis" (plat traditionnel - assiette en metal comportement du riz et differents types de legumes), nous n'avons pas (encore) de problemes de ce cote-la. (NDLR: Ce commentaire etait particulierement destine aux mamans: Oui, nous mangeons bien, oui, nous sommes bien dodus, il n'y a aucun soucis a se faire!). Et meme, il faut tordre le cou a un prejuge qui hante beaucoup d'esprits: On se regale litteralement en Inde! La cuisine est tres variee, les melanges d'epices pleins de surprises! Nous, francais, nous degustons le bon vin et observons ses effets en bouche; il en est exactement de meme pour les indiens avec leurs delicieuses epices!Mais bientot nous devons reprendre le train, cette fois-ci pour une destination archi connue, le site le plus visite de l'Inde, ce fameux tombeau, le Taj Mahal. Arrivant a la gare, nous paniquons un peu voyant que nos places couchettes sont sur une liste d'attente: Allons-nous devoir dormir dans l'urine croupissante par terre entre deux wagons? Non non, tout s'arrange et nous aurons comme d'habitude nos lits "douillets" dans la betaillere. Les sacs cadenasses, nous pouvons dormir 'tranquilles'.